La fatigue surrénale, une épidémie très discrète
http://www.nutranews.org/article.php3?id_rubrique=24&id_article=553
1er janvier 2002
Si vous vous sentez fatigué sans raison, que vous
avez besoin de litres de café pour tenir tout au long de la journée, si vous
vous sentez dépassé et stressé et que vous vous débattez désespérément contre
les exigences de la vie quotidienne, si quelques exercices de gymnastique
suffisent à vous épuiser pour plusieurs jours et si le moindre incident vous
irrite, vous déprime ou vous épuise,… vous souffrez peut-être de fatigue
surrénale. Un certain nombre de plantes et de suppléments nutritionnels peuvent
aider à surmonter cette fatigue.
Si vous vous sentez fatigué sans raison, que vous
avez besoin de litres de café pour tenir tout au long de la journée, si vous
vous sentez dépassé et stressé et que vous vous débattez désespérément contre
les exigences de la vie quotidienne, si quelques exercices de gymnastique
suffisent à vous épuiser pour plusieurs jours et si le moindre incident vous
irrite, vous déprime ou vous épuise,… vous souffrez peut-être de fatigue
surrénale. Un certain nombre de plantes et de suppléments nutritionnels peuvent
aider à surmonter cette fatigue.
Les surrénales sont deux petites glandes en forme de croissant qui coiffent le
pôle supérieur de chaque rein. Chacune d’elle est composée de couches internes
qui produisent différentes substances. La partie intérieure ou médullosurrénale
sécrète l’adrénaline et la noradrénaline. La libération de ces hormones
augmente le rythme cardiaque et la pression sanguine et détourne davantage de
sang vers le cerveau, le cœur, les muscles squelettiques.
La corticosurrénale, située à l’extérieur de
la médullosurrénale, réagit à différents types de stress. C’est là que sont
produites les hormones stéroïdes comme la cortisone, l’hydrocortisone, la
testostérone, les oestrogènes, la 17-hydroxy-ketostéroïde, la DHEA, le sulfate
de DHEA, la pregnénolone, l’aldostérone, l’androsténédione, la progestérone et
d’autres hormones, produits intermédiaires dans la synthèse. Un grand nombre de
ces hormones sont également fabriquées dans d’autres parties de l’organisme,
mais l’aldostérone, la cortisone et l’hydrocortisone sont uniquement sécrétées
par les glandes surrénales.
L’hormone aldostérone, de concert avec les reins, régule l’équilibre du sodium
et du potassium dans le corps. Cette régulation est très importante pour de
nombreuses fonctions physiologiques incluant la capacité à réagir au stress et
le maintien de l’équilibre hydrique. Elle contribue même au maintien de la
pression sanguine.
Tout
commence avec le stress…
Face à un stress, l’organisme active une réaction
d’alerte et libère de l’adrénaline, de la noradrénaline et du cortisol. Ces
hormones expédient le sang du centre du corps vers les muscles et les membres
pour préparer l’organisme à faire face à une éventuelle attaque. Des réponses
physiologiques complémentaires assurent une réaction rapide à la menace, les
pupilles se dilatent, la conscience s’intensifie, le pouls s’accélère. Lorsque
la perception de la menace disparaît, le corps revient à son homéostasie
physiologique, interrompant la libération des hormones jusqu’à ce que la
prochaine menace apparaisse.
Ce mécanisme convenait parfaitement à nos ancêtres et leur survie en dépendait.
Mais, dans notre monde moderne, notre organisme réagit par cette réponse aussi
bien face à l’irritation provoquée par le fait que quelqu’un ait pris notre
place de parking que face à un réel danger mettant notre vie en jeu. Elle ne
constitue en fait que la première étape de l’adaptation au stress.
La seconde est celle de la résistance où nous apprenons, à notre propre
détriment, à nous occuper efficacement de notre stress. Elle peut durer des
mois. Au cours de cette étape, les récepteurs hypothalamiques au cortisol
deviennent moins sensibles à l’inhibition réactive avec pour résultat une
augmentation de la production de cortisol. Une production excessive de
cortisol est associée à un grand nombre de désordres métaboliques de l’axe
hypothalamo-hypophyso-surénalien incluant une insulino-résistance, une
obésité, une augmentation de la pression sanguine, une immuno-suppression ou la
perturbation de la guérison des blessures. En fait, une élévation excessive
prolongée de cortisol peut conduire à des signes et symptômes ressemblant à la
maladie de Cushing. La troisième et dernière étape de la réaction au stress est
l’épuisement des surrénales qui implique une déplétion des réserves d’énergie
et une perte de résistance physique conduisant à la fatigue, à l’étouffement du
système immunitaire et à une cohorte d’autres symptômes systémiques incluant
des pathologies neurologiques telles que la maladie d’Alzheimer ou la dépression.
Qu’est-ce
que la fatigue surrénale ?
La fatigue surrénale se définit par toute diminution de la capacité des glandes surrénales à fonctionner normalement. Cela se produit lorsque l’organisme est submergé, quand le stress accroît sa capacité à compenser et à récupérer. Les surrénales se fatiguent alors et deviennent incapables de continuer à répondre de façon appropriée à de nouveaux stress.
A ce stade, la plupart des gens entrent dans un cercle vicieux et s’en remettent au café, au coca cola et à d’autres excitants pour lutter contre la sensation de fatigue et tenir tout au long de la journée. Ils trouvent éventuellement un second souffle et finissent de travailler très tard dans la nuit. Il leur devient alors de plus en plus difficile de commencer le matin et ils boivent davantage de caféine, perpétuant ainsi le cycle.
Le
traitement de la fatigue surrénale
Pour
que les glandes surrénales puissent travailler efficacement, il faut les
soutenir nutritionnellement. Des modifications du style de vie accompagnées de
suppléments nutritionnels facilitent grandement le rétablissement. Les règles
sont simples et similaires aux principes généraux pour rester en bonne santé.
Un style de vie modéré avec des aliments de haute qualité, la pratique
régulière d’exercicesphysiques, beaucoup de repos conjugués
avec une attitude mentale saine doivent concourir à conserver des
glandes surrénales fortes et résistantes. Cependant, le stress de la vie
moderne fait que certains suppléments nutritionnels peuvent également être nécessaires
pour maintenir les glandes surrénales en bonne santé tout comme pour aider des
glandes surrénales épuisées à retrouver un fonctionnement normal.
Dans le cas de la fatigue surrénale, l’un des objectifs donnés aux suppléments
nutritionnels est d’aider à restaurer une libération diurne de niveaux
normaux de cortisol. La théorie veut que si l’on apporte à l’organisme de
petites quantités de substances ressemblant au cortisol, les glandes surrénales
prennent du repos et ont la possibilité de se régénérer. Ensuite, une
production normale de cortisol sera rétablie.
L’extrait
de réglisse (Glycyrrhiza glabra) mime les effets du cortisol
On
sait depuis longtemps qu’une consommation modérée de réglisse peut avoir des
effets positifs dans un grand nombre de maladies incluant les allergies,
l’asthme, la fatigue chronique, des pathologies inflammatoires et
d’autres symptômes que l’on peut retrouver chez des sujets atteints de fatigue
surrénale. La Glycyrrhiza glabra, extraite de la réglisse, permet de bénéficier
des propriétés de guérison des ulcères sans se préoccuper des dangers d’un
excès de cortisone. C’est aussi un principe actif qui imite les effets de la
cortisone.
A doses modérées, il peut avoir de nombreux effets bénéfiques mais une
consommation excessive ou prolongée peut entraîner l’apparition de certains
effets secondaires incluant maux de tête, léthargie, rétention de sel et d’eau,
perte excessive de potassium et hypertension artérielle. 25 à 100 mg par jour
de glycyrrhiza semblent apporter une amélioration significative des symptômes
de fatigue chronique, de fibromyalgie et d’autres maladies liées à la
fatigue surrénale. Elle ne doit pas être utilisée plus de 6 à 8 semaines
d’affilée. Pour imiter le rythme normal du cortisol de l’organisme, la glycyrrhiza
doit être prise le matin, environ une demi-heure avant le petit déjeuner et
avant le déjeuner (généralement à dose plus faible que le matin).
La
phosphatidylsérine (PS)
La
phosphatidylsérine est un phospholipide naturellement présent dans toutes les
membranes cellulaires et dans les tissus du cerveau. Une étude italienne
contrôlée contre placebo portant sur 8 hommes en bonne santé a montré qu’une
supplémentation avec 800 mg quotidiens de phosphatidylsérine s’opposait à la
production de cortisol induite par le stress. Dans un autre essai contrôlé
contre placebo, 300 mg par jour de PS ont amélioré l’état dépressif, la mémoire
et la sensation de bien-être de femmes âgées. Plusieurs études ont montré que
la PS diminuait la production de cortisol entraînée par le stress que font
naître des exercices physiques intensifs.
Les
adaptogènes
l’Eleuthéroccocus
ou Ginseng sibérien, le Schisandra
ou le Tribulus terrestris aident à restaurer la sensibilité des récepteurs
hypothalamiques et périphériques aux effets du cortisol et d’autres
hormones surrénales. De cette manière, les adaptogènes aident l’organisme à
construire une réponse adaptée au stress avec des quantités de cortisol plus
faibles que celles qui seraient nécessaires sans leur utilisation. Ils facilitent
ainsi un retour à la normale plus rapide des surrénales. Des cliniciens ont
montré que ces adaptogènes peuvent agir de façon synergique.
Eleutherococcus ou Ginseng sibérien
Des études conduites par des chercheurs
soviétiques ont montré que l’Eleutherococcus a des propriétés anti-fatigue
encore plus efficaces que celles du Panax ginseng. Leurs travaux ont été
réalisés dans le cadre d’un programme massif de tests avec des études cliniques
réalisées à travers toute l’ancienne URSS sur des ouvriers d’usines, des
conducteurs de camions, des marins au long cours et des personnels militaires
soumis à des stress très importants. Ces études sur le stress ont révélé que
l’Eleutherococcus améliore la résistance, augmente la consommation d’oxygène,
renforce l’énergie physique et la performance et réduit la pression sanguine.
En 1962, l’Eleutherococcus a été déclaré par le Ministre de la Santé de l’URSS
médicament officiel de phytothérapie et inclus dans le guide national des
médicaments, la pharmacopée soviétique. L’Eleutherococcus a rapidement été
largement disponible et patients, athlètes, cosmonautes et soldats l’ont
régulièrement utilisé comme fortifiant.
Le Schisandra
Le Schisandra est une herbe largement
utilisée dans la Chine ancienne et contemporaine pour traiter un grand nombre
de maladies. C’est un puissant antioxydant et un agent anabolisant. Le
Schisandra favorise également la glycogenèse, le processus qui convertit les
hydrates de carbone en glycogène. Le glycogène est stocké dans le foie et les muscles
jusqu’à ce qu’il soit utilisé et converti en glucose. Ce processus aide à
produire l’énergie nécessaire à la revitalisation des cellules
« stressées ».
Les recherches indiquent que le Schisandra stimule le système nerveux central,
probablement en augmentant la dopamine et ses métabolites dans le striatum et
l’hypothalamus. La dopamine, une catécholamine sécrétée par les glandes
surrénales, est un précurseur immédiat dans la synthèse de la noradrénaline qui
joue un rôle pivot en aidant l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien à
s’adapter au stress.
Le Tribulus terrestris
Dans une étude, des hommes en bonne santé
ont reçu 750 mg de Tribulus terrestris quotidiennement pendant 5 jours. Leurs
niveaux d’hormone lutéinisante (LH) ont augmenté de 72% et ceux de testostérone
de 40%. Produite par les glandes surrénales chez les hommes comme chez les
femmes, la testostérone est une importante hormone anabolisante anti-stress.
Elle accélère la croissance dans les tissus, stimule le flux sanguin et affecte
un grand nombre d’activités métaboliques.
Ashwagandha
L’Ashwagandha est une plante originaire de
l’Inde particulièrement utile dans le traitement de la fatigue surrénale. Elle
est également considérée comme une substance adaptogène qui normalise les
fonctions de l’organisme et l’aide à s’adapter à toute une série de situations
stressantes. Des études ont montré que l’Ashwagandha est capable de normaliser
les niveaux de cortisol. Ses propriétés anti-inflammatoires permettent de
traiter les inflammations des articulations ou les douleurs rhumatismales que
l’on voit couramment chez les sujets souffrant de fatigue surrénale.
D’autres suppléments nutritionnels sont utiles à la santé des glandes surrénales et/ou pour s’opposer à une surproduction de cortisol.
La prégnénolone est convertie en hormones
anti-âge comme la DHEA, les oestrogènes, la progestérone et la testostérone.
Des supplémentations en prégnénolone peuvent aider à rectifier le déséquilibre
hormonal produit par l’insuffisance surrénale liée à l’âge. Elles peuvent
également s’opposer à une surproduction de cortisol tout comme peut le faire
la vitamine C.